Textes : Antoine Leroy

Prélude aux métamorphoses - 2013

Page blanche

Je m'éveille
Au matin
D'un sommeil
De marin
Le soleil
Appareille
Au lointain

Robe louche
Noires dentelles

Rouge bouche
A l'appel
De sa couche
La nuit mouche
Ses chandelles

Je m'émerveille
Du carmin, du vermeil.
Quand l'horizon sanguin.
D'un coup balaye
Le chagrin de la veille
Ensommeille son venin

L'aube à l'abor-
Dage et à l'hor-
Izon désor-
Mais tout s'évapore

Et la nuit d'ores-
Et déjà hors
D'état se mor-
Fond dans le décor

Je l'attends
Assidu
Cet instant
Suspendu
J'y entends (Que)
Rien pourtant
N'est perdu

Trop tôt pour se décevoir
Innocent, vois le jour s'en vient
Renaissant des cendres d'hier soir
L'espoir de tracer mon dessein

L'aurore eldor-
Ado ensor-
Celle et colore
L'ombre d'ambre et d'or

La lune alors
Virant de bord
Rallie, la mort
Dans l'âme, son port

Rien encore
N'est raté
A l'aurore
Arrêter

Que s'enrayent
Les moulins
Que bégaye
Le destin
Ne m'effrayent
Les corneilles
Qui s'égayent
Au jardin

Mais le temps n'attend pas
Étant voué à passer
Je m'en vais à présent
Profané l'avenir
Enivrants premiers pas
Filer entre mes doigts
L'inédit, l'insolite
Des minutes mâtinées
Destinées à nourrir
Ma mémoire patinée

Refrain 1+2

Catena

En l'an 2000 et des poussières
Par une nuit noire et glacée

La pluie débordant des gouttières
Je fais prendre l'air à ma nausée
En suivant le caténaire
Fuyant les rues et les pavés
Soudain j'aperçois la lumière
Le long de la voie ferrée

Comment se fier à ce convoi
Un train fantôme siffle trois fois


Mais cette cambrure vue de derrière
Cela n'a rien du crucifié
Causant d'amour aux containers
Déambule une pure beauté
Le froid visqueux d'un cathéter
Perfusion de canard WC
Décrasse au creux de ses artères
La suie et les toiles d'araignée

Pour l'amour des aiguillages
J'aurais du y voir un présage

J'ai pas ferré la bonne traverse
Pour me trouver sur son chemin
D'enfer, en états diverses
Dénudée à survolter les lendemains

Trashi blues
Je me roule pépère
La pelouse
Dans ma grenouillère
C'est la loose
Trashi blues
Y'a comme des scooters
Qui partouzent
Dans mes hémisphères

Comme un fossile qu'on dépoussière
Je me sens remis sur pieds
la belle me propose un verre
de kérosène juste pour trinquer
Une ligne directe au fond du blair
On prend les rames du terminus
Avec les sbires du ministère
Moralisant sous dragibus

Lestez moi tranquille ou alors
Ballastez-moi par-dessus bord

En sirotant du jus d'cimetière
Sur les banquettes de chimpanzé
Les bonnes sœurs du dispensaire
Viennent grenouiller du bénitier
Allez ! Laisse donc les mammifères
Me dit ma belle pour me calmer
Elle m'entraîne vers les waters
Pour aller jouer au bilboquet

Je vais emprunter, c'est plus sage
L'itinéraire de délestage

J'ai pas ferré la bonne traverse
Pour me trouver sur son chemin
D'enfer, en états diverses
Dénudée à survolter les lendemains

Trashi blues
Nu sous mon imper
Je ventouse
Un p'tit Picon bière
Un pack de douze
Trashi blues
Jarretelles et guêpières
Sous leurs blouses
V'là les infirmières


Eldorado


Gazoline et macadam, plane la brume sur la voie express,
Dans mon jean, un télégramme, lettre posthume souvenir de jeunesse,
Je m'accoutume, de coupés en pick-up, à la routine,
Je me consume et devine des pin-up dans les drive-in.

Je rêvais à l'eldorado,
De lever enfin l'embargo,
Sur le mystère de nos poussières,
Je présumais de la légende,
N'ayant trouvé qu'un no man's land,
Comme un décor de faits-divers.

La berline a rendu l'âme sur le bitume d'une voie de détresse,
Les collines au loin s'enflamment et l'amertume tiendra ses promesses.
Soudain s'enrhume l'espoir et crescendo s'en vient le spleen,
Dans son costume d'ancien desperado sous mescaline.

Je rêvais à l'eldorado,
De lever enfin l'embargo,
Sur le mystère de nos poussières,
Je présumais de la légende,
N'ayant trouvé qu'un no man's land,
Comme un décor de faits-divers.

Vers l'océan


Vois je reviens à toi
Comme on revient au port
Jeté par dessus bord
Ce qui lestait mes pas
Et le vent s'est levé
Se lovant dans mes voiles
Des rêves plein les cales
A tes lèvres mouiller

J'y ai songé cent fois
Enfin sauter le pas
Tout laisser en plan
Et me jeter dans
Tes bras

Refrain :
Vers l'océan
Tout me paraît plus grand
Et le vent opportun
je suis partant
faisant fi des brisants
Porté par les embruns
Dans les courants
Le cœur ardent
Miser mon destin


De doux désirs d'antan
Me reviennent en mémoire
Me ramènent en amont
En larguant les amarres
Aux amants qui prenant
Pour amers des mirages
Comme des goémons
Échouèrent au rivage

J'y ai songé cent fois
Enfin sauter le pas
Il était si doux
de se glisser sous
tes draps

Refrain :

Mais la marée
M'a ramené
Là, comme un aimant
Et me voilà naviguant

Vers l'océan
Les horizons grisants
La brise des croisières
Je suis partant
Virant cap au ponant
Poursuivant la chimère

Refrain :
Au portillon
De ta maison
J'arrête mes pas
Te souviendras tu de moi

Un banc sur la berge


Le vieux banc sur la berge en amont du barrage
Sous les pleurs centenaires d'un saule de titan
Où mon esprit gamberge en rêvant aux voyages
Que j'aurais fait naguère si j'avais eu le temps
Sur le banc de la berge je subis l'abordage
De ces regrets amers, des souvenirs d'antan
Ces désirs qu'on héberge voués à l'échouage
Sur les rives sévères d'un austère renoncement

Je ne vais plus défier
Les moulins sur le fleuve
Sans fin les roues à l'aube
Au fil du temps s'abreuve
La ou leurs tourments traînent
Là ou son cours entraîne

Le vieux banc de la berge est témoin du mirage
Dans l'eau de la rivière, de vagues revenants
Tremblant, blancs comme un cierges je revois les visages
Des disparus en mer, des abonnés absents
Sur le banc de la berge retracer mon sillage
Corps et âmes y sombrèrent mes chimères d'enfant
Mais ton image émerge émarge au coin des pages
Où ce bonheur mystère se montrait moins distant

Je ne vais plus défier
Les moulins sur le fleuve
Sans fin les roues à l'aube
Au fil du temps s'abreuve
La ou leurs tours m'entraînent
Là ou son courant traîne

Sur le banc de la berge toi mon seul équipage
Amputé de ta chair, ma chère je t'attends
L'émotion me submerge telle une lame au large
Et c'est en solitaire que je dérive au vent...

Avis de tempête

Alors te souviens-tu de ces soirées d'été
Des sens interdits, des courbes dangereuses
Où l'ivresse nous envie le tournis effréné
A courir sur le fil des ombres orageuses

Tout devient électrique dans les parfums d'ozone
Un éclair de chaleur à en claquer des dents
Électrise nos étreintes, chevauchées d'amazones
Et d'un coup nous foudroie sur des charbons ardents

Des nuits interminables où nos yeux se dévorent
La folie nous emporte et la mort en rigole

Nos mains en fusion en redemandent encore
Quand les compteurs saturent et les boussoles s'affolent

Refrain
Alors te souviens-tu des corps-à-corps perdus
De nos bouches épuisées de n'avoir plus de mots
A l'appel de ta peau, à nos corps suspendus
Ce sont mes mains qui parlent aux courbes de ton dos

Alors te souviens-tu des frissons parcourus
Quand l'œil du cyclone, rivé sur la dérive
Des âmes qui chavirent, désir de peau à nue
Nous pressurise les nerfs, mille charges explosives

Le vent hors d'haleine balayant les remords
La tempête nous fauche et nous jette l'un vers l'autre
Quand le tonnerre gronde c'est ton cou que je mords
Nous sombrons sans savoir à qui reviens la faute

Pour nos cœurs ravagés, l'ardeur et le danger
J'ai peur que cela dure comme j'ai peur que ça passe
Quand on s'endort en sueur au petit jour, porté
Par une lame de fond au raz des marées lasses

Virginia


Sous le charme des anglaises
Si ta prunelle s'embrase
En rêvant sur la falaise
J'avais peur que tu t'écrase
En me brûlant à ta braise

Le souffle de tes baisers
Ô vent sexy de l'enfer
Le souffre de ton brasier
Sombre parfum délétère
Je fais tout pour t'oublier

Refrain :
Ô Virginia
A la peau brune
L'or de tes bras
Ne vaut que pour des prunes
Quand j'allume
Ta fleur carnivore
Crachant sa brume
Pointe la plume de la mort

Il faut bien partir un jour
A la longue je m'ennuie
De ta langue de velours
Car le rançon de ce fruit
C'est la chanson des vautours

Refrain
J'aimais tes petits incendies
En pompier pyromane
De tes lèvres cramoisies
Toxicomane
Pourtant tu m'avais tout dit...

Refrain

Presqu'île


Vers la grève qui jadis m'avait vu louvoyer suivant mes envies de trêve, la vie passant si vite qu'elle me paraissait brève, vers mon havre de rêves, je revenais.
Il était là, à un mille marin, mon domaine. Seulement ce n'était plus vraiment le même.

Reliant la lande à l'île, la langue de sable et de galets, hélas, ne déroulait plus tel un tapis rouge sa langueur familière. Il y sourdait désormais une sourde menace.
Le risque que tombe brusquement le masque car ce roc sauvage était mon île ou presque.

Presqu'île! Frère siamois! Par les vents, les flots, en brèche ou de l'aile, dis moi Presqu'île, bats-tu le rappel ?

Par mon col relevé, le crachin s'échinait à me baver dans le cou tandis que, chagrin, je cheminais vers la muraille calcaire aussi vivant qu'une poupée vaudou.
Enfilant ma parka, je me demandais, seras-tu cap ou pas de garder le cap sans te défiler?

Lors de l'entrevue, le choc des contrastes serait violent, je le savais. Clichés décalés en haut de la falaise. Malgré le vide, au sommet avide de malaises, je me devais d'aller, il le fallait.
Dantesque décor, la terre a-pic sombrait devant moi. Quel effroi! Cette ombre, je l'était presque.

Presqu'île! Frère siamois! Par les vents, les flots, en brèche ou de l'aile, dis moi Presqu'île, bats-tu le rappel ?

Décevant ce rendez vous, un goût amer. Mais tu sais, je ne suis plus ce que j'étais,
Je n'essuie plus sur la jetée les revers de cette vie que j'enviais, j'en suis revenu.
Devine qui je suis devenu durant tout ce temps, cherchant les vestiges du vertige.
Les retrouvailles que vaille ne valent rien, vois tu, bien souvent ça devient de la voltige.
Alors, loin de l'écore j'ai jeté l'ancre

Presqu'île! Frère siamois! Par les vents, les flots, en brèche ou de l'aile, dis moi, Presqu'île,
De l'asile, débats-tu des séquelles?
Presqu'île! Frère siamois! Par les vents, les flots, en brèche ou de l'aile, dis moi, Presqu'île,
L'archipel, mon chez moi, me rappelle.

Pourquoi mon chez moi, mon archipel, me rappelle.

Adieu carapace


J'ai un drôle de sourire
Et un air un peu con
Devant tes seins bien ronds
Je ne sais pas quoi dire
Au petit qu'en aspire
Le fond

A douter du destin
Du sapiens éclairé
Moi qui en reste loin
Trop déçu de l'humain
J'pensais pas fabriquer -un jour-
Le mien

Allez hasta la vista ma carapace!
J'étais planqué sous ta cuirasse
Mais je mue et je m'en étonne
Un peu ému je t'abandonne
Et te laisse au fond d'une impasse

Je me laisse séduire
Par cette idée d'espoir
Disposé à me dire
Qu'on évitera le pire
Qu'il sera pas si noir
L'avenir

Moi qui ne voulais rien
D'autre que l'éphémère
Sans anneau à la main
Sans barreaux mais demain
S'il en faut je préfère -choisir-
Les miens

Allez hasta la vista ma carapace!
En peau de peur du temps qui passe

Même si cela me questionne
J'aime la nouvelle personne
Qui prend ta place dans la glace

Je voulais l'intensité
L'émotion contre l'ennui
Je suis servi
Car nez à nez (car aujourd'hui)
Face au petit
Je suis un aventurier

Allez adieu carapace!
Il en a fallu de l'audace
Pour faire ce pari de barjo
Je devais me jeter à l'eau
Et tu n'aimais pas boire la tasse

Et adieu carapace!
J'ai grandi, je n'ai plus de place
Après avoir saluer la gare
Qui a vu tant de mes départs
Ma nouvelle route je trace...

Achromalie

Il a neigé cette nuit
Pour que bientôt j'oublie
La couleur des matins

Tout a changé d'allure
Paysage sans ratures
En suspend, l'air de rien

Ça craque sous mes pas
Qui me mènent tout droit
Vers le cœur du néant

La merveille éphémère
Avant la boue, la terre
La poussière et le vent


Il a neigé cette nuit
Ça s'est passé sans bruit
Comme un peu par pudeur


Le froid sec des sommets
Glace et malgré mon bonnet
Je n'ai pas la hauteur

Sous le miroir brisé
Des eaux du lac gelé
Va gronder le torrent

A la surface fragile
Je me tiens sur un fil
Attendant l'événement

Il a neigé cette nuit
Sur le noir et le gris
De nos vies en morceaux

C'est ainsi qu'au matin
Sur la nuit qui s'éteint
L'hiver plante son drapeau

A la douceur sereine
De la chaleur humaine
On ne me verra plus

Comme ce blanc d'hôpital
Beau et froid me fait mal
Je regrette qu'il n'ait plu...

En quarantaine

Un matin hématome
Où l'espérance est comme
une bête aux abois

Pas de soleils radieux
D'une raison les adieux
Reste la gueule de bois

L'idéal au tapis
J'ai perdu la partie
Une belle déveine

Si demain sera pire
Que cette nuit devienne
Une arche de plaisirs
Au large de l'arène

Refrain
En quarantaine
Purger ma peine
Sur un voilier charnel
Un gréement de dentelle

Sur les reins de ma reine

Un capitaine
Drapeau en berne
Consolé aux accords
De guitare, au trésor
Des chansons, les poèmes
Aux frissons qui me prennent

Ténors du baratin
Chantant des lendemains
Ça danse dans la fosse

Mais le refrain m'écœure
Quand s'essouffle le chœur
Que l'harmonie est fausse

Et le monde chavire
S'abîme sans élixir
Santé, la coupe est pleine

Si demain sera pire
Que cette nuit païenne
Asphyxie cet empire
Et nos cœurs oxygène

Refrain
En quarantaine
Purger ma peine
Sur une île de satin
Un volcan clandestin
Dans tes eaux souveraines

Un capitaine
Drapeau en berne
Consolidé au lien
De l'amitié, ce vin
Au parfum de bohème
A la chaleur humaine

Off with your head


On est marron, élus véreux et vermine
Usent leur matière grise à magouiller un mariage blanc
A mettre au vert du grisbi en tirant du feu les marrons
Que aigris et moroses à découvert les arrosent
Avoir carte blanche pour voir la vie en rose
Que fouler un tapis rouge ne soit plus rêver en couleur
Briguer la maison blanche pour les billets verts de l'or noir
Et contre la peur de la mort, le grisant du bouton rouge

Cousu de fil blanc
Connu, le loup blanc
L'accablant travers, la bête noire et les sirènes se marrent !

Red, red, off with your head
Do it my way, nothing else to say
Sell, sell, go to hell
And flush your soul away
Red, red off with your head
I make the rules, kings pawns and fools
On est marron, élus véreux et vermine
Usent leur matière grise à magouiller un mariage blanc
A mettre au vert du grisbi en tirant du feu les marrons
Que aigris et moroses à découvert les arrosent
Avoir carte blanche pour voir la vie en rose
Que fouler un tapis rouge ne soit plus rêver en couleur
Briguer la maison blanche pour les billets verts de l'or noir
Et contre la peur de la mort, le grisant du bouton rouge

Cousu de fil blanc
Connu, le loup blanc
L'accablant travers, la bête noire et les sirènes se marrent !

Red, red, off with your head
Do it my way, nothing else to say
Sell, sell, go to hell
And flush your soul away
Red, red off with your head
I make the rules, kings pawns and fools
Down, down, I'm the crown
And you will be my jewels

Vert de rage et rouge de colère
Si parfois je ris jaune, c'est que j'ai de l'humour noir
Même si t'es fleur bleue tu sais bien qu'on est dans le rouge
Car des vertes et des pas mûres on en voit de toutes les couleurs
Un blanc seing aux cols blancs et leurs éminences grises
Qui nous tirent à boulets rouges sous les ors de la république
Colère noire ! pour les jaunes : une volée de bois vert !
Car ils nous saignent à blanc et bradent au noir la planète bleue

Du mou au fil rouge
Au bout rien ne bouge
Parbleu c'est pervers le trou noir où les sirènes se marrent !

Red, red, off with your head
Do it my way, nothing else to say
Sell, sell, go to hell
And flush your soul away
Red, red off with your head
I make the rules, kings pawns and fools
Down, down, I'm the crown
And you will be my jewels
anète bleue
Du mou au fil rouge
Au bout rien ne bouge
Parbleu c'est pervers le trou noir où les sirènes se marrent !

Le vertige d'Edgar - 2008

Le  temps en emporte tant


A nouveau je sens la morsure,
De la nostalgie assis sur
Un banc,
Petit bout de néant,

Pliant sous le poids de l'ennui,
Quand la nuit survit
Au blanc,
Cassis que je descends,

Encore ce temps qui passe, sans bruit, sans crier gare
Avec ses grandes aiguilles que je n'peux rattraper
Et je cavale en vain vers un train au départ
Dérivant dans la houle de la foule acharnée

J'aimerais bien avoir le temps de le perdre
Et pouvoir jouer encore au touriste égaré
Pour la désinvolture qui sera ma superbe
Si je perdais le fil amarré aux années

Refrain
Mais la pendule se joue de moi
Alors je gesticule dans ce monde à l'étroit
Je veux brûler dans ce triste transfert
De la mère à la terre,
A l'intense j'aspire,
De la transe,
J'espère.

L'enfance loin déjà, je ne me résous pas
Je n'ai pas encore l'ha-
Bitude
De ma finitude

Nageur sans combat
Parfois je me noie par là
Ssitude
Dans mes interludes

Encore ce temps qui passe, sans bruit, sans crier gare
Et je fuis au hasard, hagard quand je survis
Aux secondes qui s'égrènent,  semant sur mes trottoirs,
Comme on jette un mouchoir, ma vie en confettis

J'aimerais bien avoir le temps de le perdre
Juste comme ça, pour rien, pour flâner en chemin




Demain sera pire

Et ton ticket pour l'abattoir
Il sera trop tard
Voila le Public ennemi
En libéral service
Oh se laisser tondre
La Lolf sur le dos
On a déjà trop perdu
A la grande socio-braderie
Pendre l'empereur du grand
Capital au lien social

  Faites de la place à mes bourses
Et serrez-vous la ceinture
Si le fossé se creuse
Choisis ton camp camarade
Gloire aux nouveaux chevaliers
De la croisade économique
Et nos comiques en plastique
Feront le tri sélectif car…

Demain sera pire
On a trois coups de retard
Demain les sourires
Sauront pourquoi ils se font rares
On pourra toujours croire
Qu'on a rien vu venir

Ton bulletin dans l'urne
Et ton ticket pour l'abattoir
Il sera trop tard

Flexibles et fusibles
Et des hommes à la chaîne
A tout faire… à ton frère…
Est-ce qu'on a des gueules d'actionnaires ?
Violence désincarnée
De la real politique
Tu la sens bien dure
Mon ex-croissance économique

Connecté au réseau
C'est l'heure de la tétée
Des beautés factices
Aux objets souverains
L'image suprême
Au vitrail mercenaire
Ta dose de conventionnel
Et fais voeux d'abondance car…

Demain sera pire
On a trois coups de retard
Demain les sourires
Sauront pourquoi ils se font rares
On pourra toujours croire
Qu'on a rien vu venir
Ton bulletin dans l'urne

Le vertige d'Edgar


Par delà la fenêtre, un automne s'enfuit,
Les paysages défilent, juste le temps d'un brouillon
Sous le reflet figé de son air ahuri,
Une ligne de fuite s'évade à l'horizon

Les instants s'égrènent et l'urgence la ramène,
Il voudrait bien crier, comment dire l'indicible,
Dans la foule anonyme mêlant les joies, les peines,
Edgar se démène dans le flou des possibles 

Refrain
Dans le vertige des gares
Le tourbillon des êtres
La tête sur l'accoudoir
Les pieds sur la banquette
Quand part le train de nuit
Il fait à son insu
Le deuil de l'infini
Le deuil de l'absolu

Ces gens qui se croisent dans ces noeuds de destins
Dans les gares, sur les quais, dans ce train bercés
Tous ceux dont on devine au détour des chemins
La lueur des maisons le long des voies ferrées

Cette foule fascinante à jamais inconnue
Faute au temps qui filoche, comment tout embrasser,
Comment tout embraser, que l'univers soit nu,
Mais tout le monde s'en fout, s'enfuit en apnée

Refrain

Il sème des idées noires dans son exil
Et les illusions pleuvent en giflant l'habitude
Du wagon deuxième classe où se noue l'idylle
De sa liberté et de sa solitude.



La valise


J'ai pris le bus et voyagé de nuit,
Espérant échapper à la mélancolie,
En dormant un petit peu.
A mesurer la distance qui chaque seconde m'emporte,
Un peu plus loin de ces histoires que j'avorte,
Je n'ai pas fermé les yeux.

J'ai posé ma valise et caressé le chat,
Tu me prends dans tes bras, sur ton front une bise,
Tu as l'air surprise, de me voir dans cet état,
Et réalise que déjà la tristesse fraternise.

Un peu d'humanité et de solitude,
Dans l'intensité, les incertitudes,
Et les actes manqués.
J'ai les yeux qui fuient face à l'évidence,
Les chemins des humanoïdes de mon errance
Font partie du passé.

J'ai posé ma valise et j'ai perdu la joie,
Je ne comprends pas que rien ne cicatrise,
La liberté me grise et me brise parfois,
Quand vient l'heure du choix et que tout rivalise.

C'est l'âge des possibles et des nouveaux départs,
Mais pour arriver où quand on est bien nulle part ?
Quand seul le trajet a de l'importance,
Pour y retrouver un peu d'adolescence,
Des histoires, des rencontres, des aventures humaines,
Le tourbillon de la vie nous emmène,
Mais dans le bus du retour rien ne tient la route,
Rien ne vaut la peine, envahi par le doute.

J'ai posé ma valise, envisageant le poids,
D'un quotidien si froid que tout me paralyse,
De nouveau sous l'emprise du noir que je broie,
Quand l'urgence  se noie et que le temps m'épuise.

J'ai posé ma valise, je ne m'en remets pas,
Les visages et les voix peu à peu s'amenuisent,
Il ne me reste en guise de souvenirs de là-bas,
Que des larmes sur mes doigts, dans ma gorge se brise,
Une boule qui dramatise le son de ma voix,
Que tu n'entendras pas…

Fond d'couloir

On a changé la donne, je me donne à qui voudra,
J'aimerais que ça résonne comme un cri au fond de toi,
J'ai les nerfs qui s'immiscent, la peau n'est pas si dure
Et j'écorche mes doigts à traquer mes fêlures,
Ramasse donc tes ailes qui balaient les trottoirs,
Livré sans mode d'emploi on s‘essaie au hasard.

Refrain :
A traverser des routes qui ne mènent vers nulle part,
A travers ces déroutes, se voir dans le miroir,
A choisir entre toutes les promesses du hasard,
Tout ce que je redoute est au fond du couloir.

Le cœur à la dérive et l'écorce en carton,

Les blessures se ravivent et les corps se défont,
La conscience a un prix, balaie les rêves d'enfance,
Je ne me suis pas remis d'une claque d'adolescence,
J'ai raté mon exil, j'ai gardé mes débris,
J'attends mon transfert vers je ne sais quelle galaxie.

Refrain

Pars devant, on se retrouvera à la fin,
J'vais tenter des détours, longer des ravins,
On comptera les points de sutures dans l'ego,
Quel prix pour nos pauvres peaux ?

Je fuis en roue libre, dopé par l'espérance,
Mes rêves dans les pistons, faut faire le plein des sens,
Ne pas tomber en rade, y'a pas de mécano,
Et dans le pire des cas je finis en vélo.

Refrain x2

L'homme à la chaîne  (richard Robert)

Dehors déjà la nuit s'irise.
Aurore humide et blouse grise
Les ombres fuient de loin en loin.

Atelier nef de cathédrale
Les relents d'huile et de métal
Lui collent au corps comme un chagrin.

Le geste est sûr et mécanique.
Vingt ans de gammes, ça vous fabrique
Des partitions au bout des mains.

Homme accouplé à sa machine,
Saoulé par le chant des turbines :
Pas de couplet juste un refrain.

L'homme à la chaîne...


Les heures s'écoulent en semaines
Qui le mèneront aux prochaines,
Les temps modernes ont tout leur temps.

État de conscience modifié,
Seule évasion non codifiée
Par des caissiers qui comptent tant.

Des coups de piston dans le crâne,
Meurtri, les pensées qui se fanent,
Chaque jour un peu plus éteint.…

Ce soir, comme toujours, pas d'entorse
Il n'aura plus assez de forces
Pour échapper à TF1...

Une autre chaîne. Une autre chaîne
Pour L'homme à la chaîne.
L'homme à la chaîne...

Solitaire sans escale


Dans le fond de son bar
Derrière le comptoir
Une cigarette roulée
Un nuage de fumée
Pour cacher son visage
Aux allures de mirage
Préserver le mystère
Où souvent elle se perd.

Ses yeux immenses
Une flamme y danse
Tout peut se consumer
Quand on y pense…

Refrain 1
Je commande une bière
A cet oiseau blessé

Elle attend sur la ber-
Ge, elle espère
N'avoir pas à s'mouiller.

Des cheveux de corbeau
La blancheur de sa peau
Une frêle silhouette
Si fragile et fluette
A l'image de son âme
Aux allures d'anagramme
Un joli corps de verre
Où l'on voit à travers.

Ses lèvres closes
Murmurent des choses
Qui pourraient provoquer
Des ecchymoses…

Refrain 2
Je sirote mon verre
Je ne suis pas pressé
Elle est une enfant per-
Due qui espère
N'être jamais retrouvée.
Un bout d'papier
Mots griffonnés
Abandonné au bar
Avant d'filer…

Refrain 3
J'ai fini mon verre
Sans oser lui parler
Elle m'a donné le ver-
Tige, je me perds
A tout imaginer

Refrain 4
Je longe la mer
A bord de l'inconnu
Mélancolie familière
En bandoulière
C'était quand, je n'sais plus…

Western


Le sac bien arrimé sur le porte-bagages
Une bise alizée caressant son visage
Edgar met les gaz en visant l'horizon

Une page blanche en guise de mémoire
Sur le goudron brûlant, une plume sans histoire
Envisage l'envergure, l'ivresse et l'abandon

Se remettre en selle le temps de se mettre en scène
Et que naisse un récit, une calligraphie
Comme un lent travelling dans un film de western
Une photographie
Où résonne le chant doux de l'harmonica
D'un Ennio Moricone, il serait une fois
Qui ne serait pas coutume, une seconde en sursis

Dans les grands espaces, poésie d'un détour
Des amours de nomade, épouser les contours
Il savoure… sa virée clandestine

Vers les cirques sereins là où rien ne se trame
Pour l'orgueil de Tolède quand se fond une lame
A l'ombre des marées il s'affranchit des cimes

Se remettre en selle le temps de se mettre en scène

Enivré par l'haleine des rêveries maritimes
Mais déjà il chavire pour la vue aérienne
Des étreintes féminines
Si les langues ne peuvent plus rien se dire de pur
Ou comment posséder le mystère d'une cambrure
De ses doutes sous l'armure il se fait des maximes

Se remettre en selle…
Se remettre en scène…
Un lent travelling…
Un film de western…
Se remettre en selle le temps de se mettre en scène
Voyageur anonyme, étrange condition
Humaine, émotions, éternelles éoliennes
L'avant dans les voiles s'embarquer pour de bon

Le sac bien arrimé sur le porte-bagages
Une bise alizée caressant son visage
Edgar met les gaz en visant l'horizon

Tout va trop vite


Pas de retour en arrière, juste des plans de carrière,
Des carrières où l'on creuse en y croyant dur comme fer,
Avec la mauvaise conscience des journées inutiles
Aujourd'hui qu'as-tu produit petit, de l'utile au débile.

Tout va trop vite, j'aimerais bien prendre mon temps,
Tout va trop vite, on est mort avant d'être vivant,
J'ai pas le temps de cuver ma cuite.

Et les passants pressés, stressés d'être speedés,
Qui s'acharnent à s'arracher, ne sachant plus où chercher,
Et le saint numérique nous tète à haut débit,
Les méninges nostalgiques gisant gelées au cagibi.

Tout va trop vite, j'aimerais bien prendre mon temps,
Tout va trop vite, on est mort avant d'être vivant,
J'ai pas le temps de cuver ma cuite.

Pas de retour en arrière, juste des plans de carrière,
Faut toujours arracher son p'tit lopin de terre,
Qui nous verra crever avant qu'on ait fini
De payer le crédit… Petit

Nuit blanche et café noir

Encore une soirée qui s'achève
Encore une fois le jour se lève

Seulement, l'aurore à contre temps
La tête dans le velours
Les actes et les discours
Du vent, la valeur de l'instant
Tu joues ton existence
A repousser l'échéance, la fin
Est comme une défaite
Le calme après la tempête, plus rien

Tu traînes ta carcasse fatiguée
Et ta peau de bleus léopard
Faudrait voir à te ménager
Ce soir
Tu voudrais vivre à temps complet
Alors que t'es toujours en retard
Il est temps d'aller se coucher
Ce soir, vas pas traîner les bars

Allez Edgar tu es seul
Tu sais bien que c'est casse gueule
De croire, à l'harmonie d'un soir
Tu serais près à te donner
Quand si peu savent te regarder
Dans le noir, comment te recevoir
Tu croises des costards de bureau
Courants vers le premier métro, nerveux
Avec tes yeux tristes et rougis
Tu as l'impression que tu vis plus qu'eux

Refrain

Tu carbures à l'intensité
Dans ta soif de vérité, l'espoir
Que ça puisse te secouer les nerfs
A la recherche de tes frères, tu pars

Tu couches ta carcasse fatiguée
Et ta peau de bleus léopard
Dans tes draps tu te laisses aller
A croire
Que l'on peut vivre à temps complet
Alors qu'on est toujours en retard
Tu rattraperas le temps perdu
Ce soir, on se retrouve au bar.

Paris 2028


Paris 2028,
Dans le gris des banlieues,
Gesticulent les dendrites,
D'un soleil ténébreux,
Et la nuit funéraille,
De son voile monoxyde
Asphyxie les entrailles,
D'une ville d'androïdes

D'une cité maudite
Sous une vitrine d'opulence,
Le sang coule sous les orbites,
Des caméras de surveillance

Paris 2028,
Sous les néons blafards,
Une putain gerbe sa cuite,
Au fond d'un urinoir,
Elle remonte l'escalier,
Avec la gueule en biais,
Sous ses yeux déglingués,
Agonise un tramway,

Et la police fait des claquettes,
En rangs d'oignons sur les boulevards,
Avant d'aller jouer des pincettes
Du scalpel et du pétard.

Paris, Paris, arrête un peu tes conneries,
Allez, ris pas, on parie, que demain tu péris,
Le Paris féerique n'est plus qu'un périphérique,
Paris tu pourris, Paris tu pues le fric, l'agonie.

Paris 2028,
Les zombies en mutation,
Comparent les mégabits,
De la puce au fond d'leur fion,
Sous la douche d'un lampadaire,
Des gosses aux yeux cramés,
Sniffent les vapeurs délétères,
D'un échappement rouillé,

Je vais voir trembler les statues,
Pourrissant de leur herpès,
Les casseroles de ton cul,
Sonnent le glas de ton business,
Paris 2028,
Perchées dans les étages,
Se paluchent les élites,
En riant du carnage,
Un curé sous acide,
Goupillonne dans l'extase,
De petites filles sordides,
Grattant leurs métastases,

Allez snobiner les salons,
Ceux-là même où je dégueule,
Pendant que montent des bas-fonds,
Les parias et leurs sales gueules.

Paris, Paris, arrête un peu tes conneries,
Allez, ris pas, on paris, que demain tu péris,
Le Paris féerique n'est plus qu'un périphérique,
Paris tu pourris, Paris tu pues le fric, l'agonie.

Un costard téléguidé harangue à l'eau d' javel,
Les neurones défoncés de squelettes rachitiques,
Le cerveau connecté des citoyens virtuels,
Ejacule son cancer et se branle, frénétique.
La banlieue pyromane incendie ses bagnoles,
Avant de s'faire sauter devant les ministères,
Où jouant au poker la triste paie des guignols,
Les politiques pignollent les bourses des actionnaires

Les yeux pourrissent sous les paupières

Se jetant des plates-formes, les étudiants s'écrient
Plus rien ne vaut la peine puisque tout est mort-né
Et les autres automates piétinant les débris
S'arrachent les yeux avant de disjoncter
Sous l'attaque des parias qui s'égorgent en riant
Les tours se ratatinent en broyant au passage
Les larves des énarques devant leur bol de sang
Colorant de leurs tripes le décor d'un naufrage

Dans les spasmes atroces d'un orage

Paris, Paris, arrête un peu tes conneries,
Allez, ris pas, on parie, que demain tu péris,
Le Paris féerique n'est plus qu'un périphérique,
Paris tu pourris, Paris tu pues le fric, l'agonie.

Le phare


J'ai pétri des histoires sans Vénus de mélo,
A flâner dans le noir des fumées de bistrots,
Où des voix sans issue à travers les halos
Ont perdu tout espoir de se perdre à nouveau.

Peut-être qu'ailleurs, loin des mains automates,
Au creux des grands ravins, l'orchidée délicate,
Contre temps et marées, offre aux pauvres ermites
Patte blanche alcoolisée, leur pureté maudite.

S'enivrer les viscères, le spleen au bord des lèvres,
Immersion volontaire dans la chaleur des fièvres,
La tête chavirant du haut de son vertige,
Les mains battant le vent, improbables rémiges.

Dans l'urgence macabre des destins trafiqués,
Les droites se cabrent, s'agitent, affolées,
Au bord de l‘abîme, poussières d'éternité,
La quintessence intime au parfum exalté.

Je m'éveille au matin des vapeurs vénéneuses,
Chiffonnées dans mes poings, des pensées nébuleuses,
Un fanal inconnu brille encore dans mon âme,
Phare d'un rocher perdu ou du port d'Amsterdam ?

Epilogue


J'ai les yeux trempés de lui avoir dit au revoir
On a du abréger, on avait plus de mouchoirs
Au bord des sanglots
On a fait comme si elle partait au boulot

Elle a démarré la voiture en claquant la portière
Elle a jeté pour être sûre un regard en arrière
Dans le rétroviseur
Ma silhouette s'éloigne, a-t-elle senti ma peur
La douleur

On aurait pas du changer les draps du lit
Contrairement à moi, son parfum l'a suivi
La maison est vide
Soudain le silence me parait épais
Maintenant je sais d'où viennent les rides

Elle a fait sa valise
Et m'a pris dans ses bras
J'aimerais qu'elle se ravise
Elle a fait sa valise
Et elle a dit au chat
De ses lèvres exquises
De bien veiller sur moi

Ne t'inquiètes pas m'a-t-elle dit toute émue
C'est la dernière fois, je ne partirai plus
Mais tu as compris (que)
Je veux juste aller voir là bas si j'y suis

Ca pour l'avoir compris, je n'peux pas faire autrement
Je connais cette envie, moi qui suis souvent absent
(ou) Transparent sur le canapé
Elle me parle en vain, perdu dans mes pensées
Je suis loin

Comme moi parfois elle prendra de la distance
Comme à chaque fois s'imposera l'évidence
Peu importe l'endroit
Je sais que chez moi c'est dans le creux de ses bras
C'est chez moi, ou qu'on soit

Elle a fait sa valise
Et m'a pris dans ses bars
Et moi je réalise
Elle a fait sa valise
Et elle a dit au chat
De ses lèvres cerises
De bien veiller sur moi

On est toujours seul, tu le sais comme moi
Même les amis parfois ne nous comprennent pas
Mais la solitude
Quand elle est là prend un peu d'altitude
S'il faut qu'on se quitte pour mieux se retrouver
Je préfère encore ça que de vivre ankylosé
Par le quotidien
Qui nous ferait oublier pourquoi on se tient
La main

Alors voila Titi, tu sais tout maintenant
Le sel de la vie est un peu exigeant
Ca fait du bien de parler (mais)
Je dois rentrer sinon le chat va s'inquiéter
Je le connais, le chat va s'inquiéter